Accueil Autres Aquarium d’eau froide : quels poissons choisir pour bien débuter ?

Aquarium d’eau froide : quels poissons choisir pour bien débuter ?

favicon comportement animal
poissons d'eau douce

Un aquarium sans chauffage, et alors ?

poissons eau froide

Mon premier aquarium, je l’ai installé dans un coin du salon un soir de novembre. Pas de chauffage, pas de système compliqué, juste un bac de 100 litres, un filtre correct et l’envie de voir des poissons nager pendant que je buvais mon café le matin. Le vendeur en animalerie m’avait regardé avec un drôle d’air quand j’avais dit que je ne voulais pas de résistance chauffante. « Vous allez quand même avoir du choix, hein », m’avait-il lancé avec un sourire un peu dubitatif. Il avait tort. Enfin, à moitié.

Parce que le truc avec les poissons d’eau douce sur Masterfisch, c’est qu’on découvre vite que le monde de l’eau froide est bien plus riche qu’on ne l’imagine. On parle d’eau froide, mais en réalité la température oscille entre 18 et 24 °C dans la plupart des logements. C’est de l’eau tempérée, pas un lac de montagne en janvier. Et ça change tout, parce que pas mal d’espèces se plaisent exactement dans cette fourchette sans qu’on ait besoin de brancher quoi que ce soit.

Le poisson rouge, ce mal-aimé qu’on connaît mal

Tout le monde pense connaître le poisson rouge. C’est le premier poisson de la moitié des aquariophiles en France, celui qu’on gagne à la fête foraine, même si heureusement cette pratique disparaît petit à petit. Ce que beaucoup ignorent, c’est qu’un Carassius auratus en bonne santé peut atteindre 25 à 30 centimètres. Oui, trente. Pas les 5 centimètres du bocal rond qu’on voit encore trop souvent. Un ami avait récupéré un poisson rouge lors d’un vide-grenier, « pour faire plaisir à sa fille ». Trois ans plus tard, le poisson avait la taille d’une main d’adulte et vivait dans un bac de 200 litres. Sa fille l’avait baptisé Godzilla. Le nom était mérité.

Pour le maintenir correctement, il faut compter au minimum 50 litres par individu, et certains spécialistes recommandent même 100 litres. La filtration doit traiter trois à cinq fois le volume du bac par heure, parce que ces poissons produisent énormément de déchets. C’est pas glamour à dire, mais c’est la réalité. Et pour les variétés japonaises au corps trapu, type Oranda ou Ryukin, mieux vaut privilégier des granulés coulants plutôt que des paillettes flottantes, histoire d’éviter les problèmes de vessie natatoire liés à l’ingestion d’air en surface.

Ceux dont personne ne parle

Le Danio Rerio, le fameux poisson-zèbre, est probablement le compagnon idéal pour qui débute sans chauffage. Quatre à cinq centimètres, des rayures horizontales qui lui donnent un air décidé, et une robustesse à toute épreuve. Il se plaît autour de 20 °C. Un banc de dix dans un aquarium de 100 litres, c’est un spectacle permanent. Ces petits poissons filent, virent, se poursuivent. Jamais ennuyeux.

Le Tanichthys, qu’on appelle aussi poisson cardinal, mériterait franchement plus d’attention. Petit, argenté, paisible, il cohabite avec à peu près tout le monde. Je l’ai découvert par hasard dans une boutique d’aquariophilie à Lyon, coincé entre des bacs de guppys. Le vendeur m’a dit qu’il n’en vendait presque jamais. Dommage. C’est exactement le genre de poisson discret qui donne du caractère à un bac communautaire sans créer de problèmes.

Et puis il y a le Macropodus opercularis, le poisson-paradis. Celui-là, c’est une autre histoire. Des rayures verticales rouge et bleu, une allure un peu guerrière. Magnifique. Mais attention : deux mâles ensemble, ça tourne au combat de gladiateurs. Un couple, en revanche, fonctionne bien dans la plupart des cas.

Les erreurs que tout le monde fait au début

La première, c’est de surpeupler le bac. On se dit « allez, encore deux ou trois, il reste de la place ». Non. Chaque poisson produit des déchets, consomme de l’oxygène, et un aquarium trop chargé devient instable en quelques semaines. L’eau se trouble, les nitrites grimpent, et c’est la catastrophe.

La deuxième erreur, je l’ai faite moi-même : mélanger des espèces qui n’ont rien à faire ensemble. Un poisson-paradis territorial avec des Danios nerveux dans un bac de 60 litres, c’est une mauvaise idée. Chaque espèce a sa zone de nage préférée, ses paramètres d’eau, son tempérament. Le Barbus Cerise, par exemple, préfère une eau à 22-23 °C avec un pH légèrement acide. Le poisson rouge, lui, tolère un pH entre 6,5 et 8. Les mettre ensemble fonctionne parfois, mais c’est un compromis permanent.

Troisième piège classique : négliger les plantes. Un aquarium d’eau froide planté, c’est plus stable, plus beau et plus sain. Les Anubias et les fougères de Java résistent bien aux températures basses et aux poissons rouges qui ont la fâcheuse habitude de grignoter tout ce qui pousse. Voilà le genre de détail qu’on apprend sur le tas, souvent après avoir vu sa troisième Cabomba réduite en confettis.

Pourquoi l’eau froide a du sens

Pas de chauffage à acheter, pas de risque de panne de résistance en plein hiver, une facture d’électricité allégée. L’aquarium d’eau froide, c’est du bon sens pour qui veut se lancer sans investir une fortune en matériel. Il suffit d’une pièce tempérée, d’un filtre adapté et d’un peu de patience pour le cycle de l’azote.

En été, le vrai défi c’est plutôt la chaleur. Quand le thermomètre grimpe au-dessus de 25 °C, l’oxygène dissous diminue et certains poissons souffrent. Un petit ventilateur de surface ou un bulleur règle généralement le problème. Du coup, l’aquarium d’eau froide demande finalement assez peu de matériel, mais il demande de l’observation. Regarder ses poissons, comprendre leurs comportements, ajuster quand quelque chose cloche. C’est ça, l’aquariophilie. Pas juste un meuble avec de l’eau dedans.

Image de Jonathan

Jonathan

Auteur

Être au courant de nos derniers articles

Articles qui devraient vous intéresser